Argentum Romanorum sive Barbarorum. Permanences et évolution des usages monétaires de l’argent du IVe au VIe siècle dans l’Occident romain.

Internationales Numismatikertreffen / Rencontres internationales de numismatique

12-13 octobre 2017

Université de Caen Normandie

Resp. J. Chameroy (RGZM) et P.-M. Guihard (CRAHAM)

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Organisées dans le cadre d’un programme de coopération entre le CRAHAM (UMR 6273 UNICAEN/CNRS)et le Römisch-Germanisches Zentralmuseum (Mainz), ces deuxièmes Rencontres internationales de Numismatique seront l’occasion de jeter un regard nouveau sur un aspect majeur et encore peu étudié de l’économie monétaire du Bas-Empire et du haut Moyen Âge : les permanences et l’évolution des usages monétaires de l’argent dans l’Occident romain, où l’or romano-barbare a jusqu’ici focalisé l’attention des chercheurs.

« Recréer la confiance » (J.-P. Callu), tel dut être l’objectif de Dioclétien et à sa suite Constantin lorsque ces derniers remirent en circulation une monnaie d’argent pur. Le pouvoir central renouait ainsi avec les traditions du Haut-Empire en tentant de rétablir un système monétaire trimétallique au sortir d’une crise monétaire marquée par l’effondrement qualitatif du numéraire d’argent tout au long du IIIe siècle. Si ces nouvelles dénominations entrent alors massivement dans les rétributions aux soldats, la frappe et la diffusion du numéraire d’argent connaissent néanmoins de fortes variations. Quoi qu’il en soit, en pratique, le rôle de l’or ne cessait de grandir. De là une situation ambiguë : l’or accentue sa pénétration dans le domaine de la fiscalité et des échanges et ébranle en contrepartie les bases du système monétaire ; la fermeture des ateliers impériaux en Gaule vers 400 vient quant à elle freiner le renouvellement des espèces romaines. Cela aura notamment pour conséquence d’entrainer l’arrêt de la frappe régulière du bronze en Gaule jusqu’à la fin de l’Antiquité. En revanche, il en va tout autrement pour le numéraire d’argent, qui continue à être l’objet d’émissions ponctuelles, comme à Trèves puis dans les royaumes francs et jusqu’à ce que la frappe de l’or devienne quasiment exclusive sous les descendants de Clovis.

Cette situation place à l’évidence le métal blanc au cœur d’un questionnement plus large : que s’est-il passé entre le début du IVe siècle, qui voit la reprise d’une vraie monnaie d’argent, et la frappe exclusive de l’or au VIe siècle ? Quel rôle a joué la monnaie d’argent dans cette époque de transition qui voit la mise en place des royaumes germaniques dans les provinces romaines ? Témoigne-t-elle d’efforts répétés pour maintenir une économie monétarisée ? 

Pour tenter de suivre précisément les différentes facettes du numéraire d’argent entre le IVe  et le VIe siècle, nous chercherons à dégager ce qui le caractérise, sur le plan de la circulation et de l’usage.  Afin d’assurer une cohérence à cette approche diachronique, il est envisagé d’aborder les mêmes thèmes dans les différents axes, où les données seront analysées dans l’ordre chronologique (du IVe au VIe siècle). L’axe 1 abordera les caractéristiques du numéraire d’argent comme élément de l’héritage romain, tandis que l’axe 2 mettra l’accent sur l’évolution de la production et des usages de l’argent monnayé dans les royaumes germaniques. L’axe 3 changera de perspective et traitera de l'origine de l'argent monnayé, dans une approche archéométrique et spatiale (ateliers monétaires et d'argenterie) de sorte à saisir le processus dans toute son épaisseur, son amplitude et sa variabilité.

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